Origine et histoire du Château de Blâmont
Le château de Blâmont, situé dans le sud-est de la Meurthe-et-Moselle en région Grand Est, trouve ses origines à la fin du XIIe siècle. Son histoire est étroitement liée à la famille des comtes de Salm, issue de l’union entre Agnès de Bar-Montbéliard et Hermann II, avoué de Senones. La seigneurie de Blâmont fut attribuée à Ferry, fils cadet d’Henri II de Salm, qui en devint le premier sire vers 1186. Le château, probablement construit ou agrandi sous Henri III de Salm (mort en 1244), servait à contrôler les routes stratégiques de la région, comme celle du col du Donon. Ces travaux, couplés à d’autres fortifications (Salm, Morhange), endettèrent fortement la famille auprès des banquiers de Metz.
Au XIIIe siècle, la seigneurie de Blâmont fut le théâtre de conflits familiaux. Ferry de Blâmont, oncle d’Henri IV de Salm, tenta de s’emparer du pouvoir en chassant son frère Henri III du château. Endetté, Ferry dut finalement se soumettre à l’évêque de Metz en 1247, qui devint propriétaire du château. Son fils, Henri « Maus Cerviaux », sénéchal de Lorraine, renforça les fortifications vers 1300 et ceignit la ville de remparts. La famille de Salm conserva Blâmont jusqu’au XVIe siècle, date à laquelle le duché de Lorraine en prit possession. François Ier de Lorraine offrit le comté à son épouse, Christine de Danemark, qui y fit construire un logis Renaissance et modernisa les défenses.
Le château subit de lourds dommages lors des guerres de Religion (1587) et de la guerre de Trente Ans. Assiégé et incendié en 1636 par les troupes françaises de Bernard de Saxe-Weimar, il fut partiellement démantelé en 1670. Au XIXe siècle, il devint une propriété privée, transformée en château romantique, puis en site industriel avant d’être bombardé en 1944. Depuis 1991, l’association Clef de Voûte œuvre à sa préservation. Les ruines, inscrites aux monuments historiques en 1994, témoignent de son passé médiéval, avec cinq tours encore debout.
Architecturalement, le château illustre les évolutions défensives du Moyen Âge au XVIIe siècle. La tour cylindrique, surélevée aux XIVe ou XVe siècles, domine l’ensemble. Les modifications renaissances (1563) et classiques (XVIIIe siècle) coexistent avec les vestiges médiévaux. Le site, propriété communale, est un exemple remarquable de l’héritage féodal lorrain, marqué par les conflits entre seigneurs, ducs et rois de France.